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| Lossless |
À l’âge du haut-débit et des giga disque durs, les fans de musique se convertissent aux formats haute fidélité sans perte de qualité.
Et vous, vous êtes encore Lossy ? Si l’on vous pose cette question, ne le prenez pas mal : ni votre physique ni votre personnalité ne sont concernés. Lossy, qui désigne la perte (anglais loss), est le nom que l’on donne aux formats destructeurs de compression de fichiers, essentiellement dans le domaine audio. Certains algorithmes de compression identifient des informations a priori inaudibles par l’oreille humaine, ou bien des sons qui se superposent, et les suppriment de manière irrémédiable. Le bénéfice ? Des fichiers très compressés, donc légers et faciles à transmettre. Cela paraît la préhistoire, mais nous étions encore tous en bas débit voici seulement quelques années de cela. Et même aujourd’hui, le haut-débit ne représente que 42 % des équipements en Europe.
À l’opposé du Lossy, le Lossless. Moins de pertes, donc. Les algorithmes ont été repensés pour supprimer seulement les informations redondantes et comprimer les autres, mais avec pour objectif le respect optimal des qualités acoustiques de l’original. Les créateurs et amateurs de musique rassemblent évidemment les précurseurs du Lossless. Julien et Amandine ont ainsi lancé l’an dernier le premier réseau en ligne du Lossless francophone (www.lossless.fr) : “La communauté autour du Lossless est là pour les personnes audiophiles, qui ne supportent pas d'entendre les artefacts des compressions lossy (mp3/ogg/etc.) en écoutant principalement des enregistrements de concert. Les formats lossless, dans un monde où les vitesses de connexion Internet et l'espace disque ne sont plus un problème, sont l'avenir de la musique en ligne, avec une qualité optimale pour une place réduite.”
Un comprimé s’il vous plaît
Pour s’y retrouver, voici les principaux formats de compression selon leur catégorie de fidélité acoustique.
Lossy : MP3, MP3 Pro, WMA Standard, Vorbis Ogg, AAC, MP4, MPC, VQF, Real Audio, Sony Atrac, Dolby Digital (AC3), DTS
Lossless : FLAC, Monkey's Audio, TTA, WavPack, Dolby TrueHD Lossless, Lpac, ATRAC Advanced Lossless, WMA Lossless, MPEG-4 ALS
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| Erreur 404 |
404, trois chiffres maudits pour l’internaute : ils indiquent une page web inexistante, à tout jamais perdue dans les limbes de la toile.
Après une recherche Google, vous trouvez une page
qui semble correspondre à vos attentes, vous cliquez
et l’écran blanc affiche un message peu amène :
“404 Not Found”. Petit moment d’agacement… et vous
repartez naviguer ailleurs. Ce fameux 404 est un code
HTTP - Hypertext Transfer Protocol –, le langage machine
permettant de relier un serveur (où sont stockées
des données) et un client (l’utilisateur), développé
dans les années 1980 et 1990 par Tim Berners-Lee
et Robert Cailliau. Le HTTP est l’armature invisible du Web.
Et le 404 l’une de ses manifestations. Constatant
que la communication sur la toile rencontrait parfois
des problèmes ou des anomalies, les développeurs du Web
ont entrepris de les classer par grandes catégories.
Ainsi, les codes commençant par un 3 (3xx) désignent
des redirections, par un 4 (4xx) des erreurs clients,
par un 5 (5xx) des erreurs serveurs. Le 404 indique
normalement une erreur dans la saisie du nom de la page,
qui doit être exacte au caractère près. Mais, parfois, elle
est employée (à tort) pour désigner des pages déplacées, renommées ou supprimées. A savoir : un site web peut
personnaliser ses pages “erreur 404”. L’utilisateur
malchanceux en trouvera donc des versions plus ou
moins originales, poétiques ou drolatiques. Mais il est
conseillé de ne pas en abuser car l’internaute, souvent
pressé, cherche avant tout une information claire.
Errare numericum est Si elle est la plus fréquemment encontrée par l’utilisateur d’Internet, l’erreur 404 est
loin d’être isolée. Parmi d’autres, l’erreur 400 (mauvaise
requête), l’erreur 401 (identification demandée et
incorrecte), l’erreur 403 (page interdite), l’erreur 410
(déplacé ou supprimé)… au total une trentaine
dans la seule catégorie des 4xx.
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| Google |
Le plus célèbre des moteurs de recherche doit
son nom aux mathématiques… et à une confusion
phonétique
Contrairement à ce que certains pensent, Google
ne dérive pas du mot goggle, pourtant très proche,
qui
signifie “lunette de protection” ou “regard étonné”.
L’histoire est un peu plus complexe et commence
dans les années 1930. À cette époque, le mathématicien
américain Edward Kasner (1878-1955) réfléchit à
la différence entre les nombres très grands et les
nombres infinis. Il pose le chiffre 10 puissance 100
(10 suivi de 100 zéros donc) et cherche une expression
pour le désigner. En panne d’inspiration, il demande à son neveu de 9 ans, Milton Sirotta, d’inventer un
terme. L’enfant suggère “googol”… et l’expression
entre dans l’histoire des mathématiques. Kasner
raconta cette anecdote dans un livre de vulgarisation co-écrit avec James Newman (Mathematics and the
Imagination, 1940).
Soixante ans plus tard, en 1998, Larry Page et
Serguei Brin, deux étudiants de Cambridge en science
informatique, viennent de mettre au point un logiciel
de programme de recherche de données pertinentes,
appelé BackRub. Ils cherchent des financements pour aller
plus loin et rencontrent Andy Bechtolsheim, l’un des
fondateurs de Sun Microsystems. Ce dernier est
impressionné par l’outil et décide de signer un chèque
séance tenante. Surpris, Page et Brin donnent le nom
de Googol pour leur société (inexistante en réalité) :
ils venaient d’employer le terme dans la discussion pour
désigner le nombre incroyablement élevé de données
que leur logiciel pouvait traiter. Mais leur interlocuteur
comprend mal et écrit “Google” sur le précieux
chèque
d’investissement. Qu’à cela ne tienne, le mot n’existe
pas mais sonne bien aux oreilles des deux jeunes
informaticiens. Google Inc. est née.
Un mot entré dans le langage courant
Conséquence d’un succès planétaire et d’une position
ultra-dominante chez les moteurs de recherche : il n’est
pas rare désormais d’entendre ou de lire “Je vais
googler/googliser ce mot”, ce qui signifie chercher des
informations sur Google. Le même phénomène s’est déjà
produit avec Xerox qui signifie tout simplement faire une
photocopie. Inutile de dire que l’Académie française ne
reconnaît pas ces barbarismes anglo-saxons !
Charles Muller
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| Phishing |
Se déguiser en employé du gaz, en policier ou en toute autre personne
de
confiance
pour tromper sa victime : la recette est connue des voleurs depuis longtemps.
Sur la toile
mondiale, le procédé se nomme phishing, une technique consistant
à extorquer des données personnelles (mots de passe, codes bancaires) dans le but
de nuire. Un courrier électronique avertit généralement d’un “problème” dans la gestion
d’un compte et renvoie l’utilisateur à un site paraissant tout ce qu’il y a de plus officiel :
mais c’est un leurre, le site en question est une page provisoire visant à aspirer
des informations confidentielles. Les premières victimes historiques du phishing
ont été
les utilisateurs d’AOL, en 1995. Depuis, ce sont surtout des services impliquant
des transactions comme eBay ou PayPal qui en sont les cibles régulières.
L’origine du mot phishing est contestée. Certains y voient la contraction
de
l’expression
password harvesting fishing, soit pêche aux mots de passe.
D’autres pensent
qu’il s’agit
simplement de la fusion de fishing (pêche)
et de phreaking (technique des
années 1970
consistant à téléphoner
gratuitement en détournant les lignes analogiques,
le phreak
étant par
extension un “arnaqueur” informatique). Quoi qu’il en soit, prudence
quand
vous recevez un courrier indiscret : être phishé peut vous coûter
très cher !
Hameçonnage ou filoutage ?
Comme souvent, nos amis québécois
ont été les premiers à franciser
le phishing
en proposant dès 2004 les mots hameçonnage ou appâtage,
le premier étant l’usage
le plus courant. En France, la Commission
de terminologie et néologie a retenu en 2006
le terme filoutage.
Parmi
d’autres expressions, on trouve
le piégeonnage, la pêche
aux données,
l’usurpation d’interface ou l’escroquerie au courriel.
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| Blog |
Le mot anglais log servait originellement à désigner une bûche ou un rondin
de bois que l’on jetait dans l’eau depuis un navire afin de mesurer sur les
nœuds
d’une corde la vitesse de croisière. Par extension, le log a désigné le carnet de route
ou journal de bord que tenaient les capitaines au cours de leur voyage. Au milieu
des
années 1990, le nouvel océan mondial se nomme Internet. Ses explorateurs
commencent à tenir leurs propres
journaux, plus ou moins intimes, sur des sites comme Xanga, Open Diary,
Live Journal ou DiaryLand. Ce ne sont pas des sites personnels à proprement
parler, plutôt des petites notes quotidiennes.
Dans le même temps, les groupes de discussion
utilisant le protocole Usenet fleurissent
sur la toile.
Une partie de ces écrits consiste à commenter des pages web que l’auteur a appréciées.
Soit
un Web log, un “journal
du réseau” en bon français. De là naît la
contraction blog, qui émerge à la fin des années 1990 pour désigner un nouveau style d’écriture et d’échange: l’internaute tient
son journal et permet au lecteur de passage d’y réagir directement
par ses commentaires.
Outre-Atlantique, les Québécois ont opté pour la francisation blogue /
bloguer /
blogueur,
de même que le bug était devenu un bogue. En France, le Journal officiel
a tranché
le 20 mai 2005 en faveur de bloc ou bloc-notes, ainsi défini : “un site
sur la Toile, souvent personnel, présentant en ordre chronologique de courts articles
ou notes,
généralement accompagnés
de liens vers d’autres sites”
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| Wiki |
Pour certains, wiki serait l’acronyme de l’expression anglaise “What I Know
Is”, voici ce que je sais, un peu l’équivalent virtuel de notre bonne vieille collection “Que sais-je ?”. Mais cette explication est fausse : une fois n’est pas coutume
en jargon informatique, le wiki provient d’une tout autre langue que l’anglo-américain.
Pour connaître l’origine du wiki, il faut remonter un peu son histoire. Le terme désigne
un logiciel ou un contenu collaboratif, c’est-à-dire accessible à tous les visiteurs qui
peuvent le modifier à leur gré. Le wiki est né dans les années 1990, sous l’impulsion
de Ward Cunningham.
Comme beaucoup de pionniers du Net, cet ingénieur informatique
fonctionne
au rêve, à l’utopie. Il souhaite que tous les internautes puissent librement
partager leurs savoirs et leurs expériences. Pour cela, il conçoit en 1995 une plateforme
participative. Il faut lui trouver un nom.
En pérégrination à l’aéroport international d’Honolulu, Cunningham se voit
conseiller
par un employé d’utiliser le “wikiwiki” bus de la ligne T52. C’est le premier mot hawaïen
qu’il entend : wiki signifie "vite, rapide". J’ai donc
choisi cette expression pour exprimer
l’idée de vitesse et baptisé mon site collaboratif wikiwikiweb au lieu de quickweb”,
explique Cunningham. Depuis, le wiki n’en finit pas de faire le tour du monde.
De plus en plus vite.
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| Spam |
Le mot spam apparaît en 1937 dans la publicité d’un fabricant américain
de viandes
en conserve, la Hormel Food Corporation. Il existe plusieurs hypothèses sur l’origine
exacte de l’expression. Spam pourrait être
la contraction de Shoulder of Pork and hAM,
Spiced Pork and hAM, ou tout simplement SPiced hAM. Cette conserve de jambon
de médiocre qualité connut un grand succès chez les soldats et populations civiles
lors des privations de la Seconde Guerre mondiale. Les Monty Python ont donné
sa vraie popularité au spam dans un sketch de 1970, qui connut par la
suite diverses variantes.
Il s’agissait d’une parodie de publicité du spam.
Dans un restaurant, la carte ne propose
que des mets comportant du spam (œuf
et spam, œuf, bacon et spam, spam et spam,
etc.). Un groupe de convives déguisés
en Vikings se met à discuter bruyamment
et
scande le mot spam, brouillant peu à peu
toutes les autres conversations. Ce mot
fut dès lors utilisé dans les années 80 afin de “pourrir” certains forums de discussion,
en copiant-collant “spam” des centaines de fois.
Son usage pour désigner les publicités
intempestives par e-mail ne date
que du milieu
des années 90, époque à laquelle
les premières campagnes font leur apparition.
POURRIEL
L’Office de la langue française du Québec suggère “pourriel”(pollution + courriel)
ou “pourritel” (pourriture + courriel) pour chasser l’anglicisme “spam”.
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| WWW |
Etrange succès planétaire pour trois lettres parfaitement imprononçables.
Pas seulement en français, où le “w”n’est guère fréquent, mais aussi en anglais, où’énumération “double-you double-you double-you” compte
encore plus de syllabes
que “World Wide Web”. En fait, la naissance du World Wide Web n’a pas été conçue
pour l’utilisationgrand public, aujourd’hui dominante. Dans les années80, l’Organisation
européenne pour la recherche nucléaire (Cern), basée à Genève, doit
optimiser
la circulation des informations en son sein. Robert Cailliau, alors chargé de la
bureautique et de la documentation, se souvient de cette époque : “Le problème à résoudre était de rendre accessible toute la documentation du Cern, qui était déjà
en format électronique.” Un jeune consultant extérieur, Tim Berners-Lee, est alors
chargé par Robert Cailliau de rédiger un programme. Tim Berners-Lee avait déjà conçu
quelques années plus tôt le principe de l’hypertexte, avec un programme nommé
Enquire. “Il m’a suffi de connecter cette idée d’hypertexte avec les TCP et DNS déjà
en usage au Cern”, résume-t-il modestement. Le jeune informaticien baptise
son nouvel enfant “World Wide Web”. La toute première adresse conçue selon
ce protocole voit le jour le 6 août 1991:
http://info.cern.ch.
Le Web est né. L’information et la communication s’en
trouveront bouleversées
en l’espace d’une dizaine d’années. Tim Berners-Lee, entre-temps anobli par la reine
d’Angleterre et décoré du prestigieux
prix allemand Quadriga, a contribué
au développement de son idée en fondant le World Wide Web Consortium (1994),
chargé de créer et d’homogénéiser les standards internationaux.
Un milliard
d’internautes lui en sont aujourd’hui reconnaissants.
Charles Muller
EN SAVOIR PLUS
La demande originale du Cern à Tim Berners-Lee :
www.w3.org/History/1989/proposal.html.
Le blog et la page de présentation
de l’inventeur
du www. :
dig.csail.mit.edu/breadcrumbs/blog/4
www.w3.org/People/Berners-Lee/
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